Saw Administratrice en Chef


Messages: 1218 Date d'inscription: 27/08/2011 Age: 21 Localisation: Auvergne
 | Sujet: Nouvelle: Faustine Dim 28 Aoû - 18:17 | |
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Voici la première nouvelle que j'ai écrite pour le concours du CROUS. Le thème était Fantasme
Je suis arrivée 3eme pour ce concours réginal et je vais recevoir 75 euro o/
"La remise des prix aura lieu le lundi 07 novembre à 20h30 au CROUS de Clermont-Ferrand, salle des Frères Lumière." Faustine | Spoiler: | | | J'ai peur, peur de moi... Ça fait un mois maintenant. J'ai rencontré Faustine, la belle et mystérieuse Faustine. Elle marchait sur le parapet qui surplombe le viaduc Saint-Jacques. Vacillante, elle avançait sans crainte, mais chaque souffle de vent l'emmenait de plus en plus près du bord. Les gens passaient devant elle sans la voir, comme si elle n'existait pas. Mais moi, moi je la voyais, elle, aussi belle que la nuit. Un charme fou émanait de son corps... Je ne pouvais voir que son dos, mais rien que sa démarche me faisait chavirer. Ô sublime déesse, j'avais envie d'avancer plus vite pour pouvoir contempler ton visage qui sans nul doute m'aurait fait succomber à tes charmes, mais c'était trop tard. Sans vraiment savoir pourquoi, mon cœur était déjà à ses pieds. Sans faire un bruit, je montai à mon tour sur le muret. Cette fois, les gens ne passaient plus sans faire attention, ils me regardaient tous du coin de l'œil et pressaient le pas. Ils ne voulaient pas me voir, comme ils ne voulaient pas voir Faustine, ça je ne le compris que bien plus tard...
Hey Thomas ! Thomas, je te parle là, redescends sur terre ! Ah, pardon. Je ne t'avais pas entendu. J'avais remarqué ! D'ailleurs... d'après ton sourire et ton regard perdu, j'ai bien l'impression qu'il s'est passé quelque chose ! Allez, raconte à ton vieux Francis ! T'as ramené une fille après la soirée d'hier ? Non...
Un non pour mon ami entraînait toujours une tonne de questions. Il avait besoin de tout savoir, et la seule façon pour moi de retrouver ma tranquillité était de lui répondre : Allez mon pote ! Je suis sûr que c'est une fille qui t'a mis dans cet état-là ! En effet... Ses yeux bleus, s'illuminèrent en un instant. Et ? … Elle s'appelle Faustine. Je l'ai vue pour la première fois ce matin, elle semblait se diriger vers la Fac de lettres. Et elle est comment ? Brune, blonde, rousse, bien foutue ? Elle a de longs cheveux noirs et elle est plutôt grande. C'est elle qui t'a abordé ?! Allez, fais pas ton timide, dis-moi tout ! On ne s'est pas parlé... Je l'ai seulement vue de loin. Toute de noir et de bleu vêtue avec des rubans dans les cheveux. Mais si tu ne lui as pas parlé, comment sais-tu son nom ? Il était écrit en lettres d'argent sur son sac... Hum, ok, donc nous avons une jeune fille mystérieuse que nous baptisons Faustine. Alors mission du jour, dès qu'on sort du cours ennuyeux de ce vieux schnock, on parcourt Jaude de long en large à la recherche de ta nouvelle proie !
Il continua à parler, mais je ne l'écoutais déjà plus. Perdu dans mes pensées, je revoyais ma déesse surplombant le vide. La journée entière se déroula ainsi, Francis me suivait et me parlait de temps en temps, mais il n'attendait pas de réponse de ma part. On ne revit pas Faustine, et une fois le soleil couché, je rentrai chez moi. Personne pour m'accueillir, ma mère ivre morte ronflait déjà sur le canapé, et mon père... mon père je ne sais pas qui il est. Ma mère non plus ne le sait pas... Trois heures plus tard, je m'endormis. Je ne rejoignis pas les bras de Morphée, mais ceux de Faustine. Elle marchait devant moi, joyeuse et sautillante tel un funambule sur un fil d'argent. Cette fois-ci mon désir était plus fort, et je la suivis. D'abord mon pas fut lent, puis il devint de plus en plus rapide, et soudain, pris d'une envie dévorante, je courus la rejoindre ! Une fois à sa hauteur, je ne contrôlai plus mes actes, mes bras l'attrapèrent et je la serrai contre moi. Je l'enlaçai comme personne ! Jamais auparavant je n'avais eu un tel désir... Mon ventre se consuma et des flammes parcoururent mes veines. Mais la sensation, oui cette sensation était si douce... Enfin ma beauté se retourna, délicatement elle glissa ses mains le long de mon torse, et une fois arrivé prés ma nuque, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa ses lèvres sur les miennes... Ce baiser, son baiser était la chose la plus délectable qu'il m'avait été donné de goûter. Les yeux fermés, je l'embrassai de plus belle et avec une ardeur qui m'était jusqu'alors inconnue. Je posa mes mains sous son haut noir. Son corps était bien plus doux que la couverture de l'eau. Ivre de désir, je perdis toute raison et déshabillai tendrement ma belle Faustine au corps d'albâtre...
Didididit, didididit,
Le souffle court, je me réveillai trempé de la tête aux pieds, nu comme un ver. J'haletai dans mon lit tout en me souvenant par bribes de mon rêve. D'après mes draps, sans nul doute le fantasme de cette nuit s'était révélé plaisant...
Je n'avais à présent plus une seule seconde à moi, tout mon temps était réservé à Faustine, ma Faustine... Je continuai le train-train quotidien mais mon esprit lui appartenait entièrement. Elle était dans ma tête, mon corps et mon âme ; elle était l'essence même de mon désir inconscient. Il me fallait la retrouver, pour que mon rêve devienne réalité. J'en avais envie, je le désirais au plus profond de moi à tel point que je devenais fou.
Thomas ! Tu commences sérieusement à me gonfler ! Je sais que t'es pas bavard comme mec, mais d'habitude en cours de méthodologie, tu déconnes un minimum avec moi. Cette fille t'a tourné la tête et ça m'énerve ! Tu fais une véritable fixation là, et ça devient grave. Hum... Pas de « Hum » qui tienne ! Ce soir, tu viens à la soirée médecine avec moi et je vais te présenter de vraies filles. Oublie l'autre, tu vas voir de vraies bombes ! Mais, j'ai un copain à voir ce soir... Arrête ton baratin ! Oublie ton ami imaginaire ainsi que ta copine irréelle ! T'as besoin d'avoir une fille en chair et en os dans ton lit mon pote !
Je ne cherchai pas plus à discuter, s'il avait une idée en tête, il n'en démordrait pas. Alors comme il me l'avait imposé, je me retrouvai en boîte parmi une foule de sauvages qui gesticulaient dans tous les sens. Sans aucun doute ma mystérieuse Faustine n'était pas là. Au douzième coup de minuit, je partis de cette endroit, l'odeur ainsi que les gens me firent fuir. J'avais ingéré trop d'alcool et c'est en plein milieu de la route que je rejetai tout ce poison de mon corps. Le regard flou, je relevai lentement la tête, et c'est là que je la vis. Vêtue du manteau de la nuit, elle dansait le long de la ligne blanche, esquivant de justesse chaque voiture qui croisait son chemin... Toujours aussi belle... sans hésiter une seule seconde je me relevai et suivis ses pas. Un plaisir fou m'envahit tandis qu'à mon tour je marchai sur la ligne blanche. Un concerto de klaxons et de cris résonnaient dans mes oreilles, mais ceci n'arrêta pas ma transe. Mon désir, oui mon désir de la suivre était bien plus grand. Mon ventre se consumait et mon cœur battait la chamade, la passion m'amenait toujours plus loin. J'étais si près d'elle maintenant que je sentais son parfum enivrant, si près qu'il me suffisait de tendre le bras. La tentation était si grande, et mon envie si vaste que je me résolus à briser le voile de mystère qui enveloppait ma Faustine. Tremblant comme pour ma première fois, je tendis ma main, mais avant que je ne puisse l'atteindre, deux feux aveuglants me brulèrent les yeux, un bruit de klaxon plus fort que les précédents, et un cri retentit au loin. Mais ce qui m'enveloppa, c'était le plaisir d'avoir frôlé ma belle, oh oui, le plaisir intense, béatitude, jubilation. Et je m'endormis ivre d'allégresse...
Bordel Thomas ! Mais t'es complètement fou ! Qu'est-ce qui t'a pris ? J'étais mort d'inquiétude ! Ne refais jamais ça, idiot ! Francis, à mon chevet, tournait en rond tout en se rongeant les ongles. Au vu du décor d'un blanc immaculé qui m'entourait et au tuyau dans le nez ainsi qu'à la perfusion, j'en déduisis que j'étais à l'hôpital... Tu te souviens au moins de ce qui s'est passé ? … Je courais après Faustine et j'ai... Et t'as été percuté par une voiture ! T'as de la chance qu'elle roulait doucement, tu aurais pu te faire tuer ! Il était paniqué, inquiet et me regardait avec peine, tout au fond de moi je m'en voulais de le mettre dans cet état, mais pourtant hier soir, c'était si bon... avec Faustine... Je serais prêt à recommencer, le désir était si intense. Mon esprit se perdit dans l'ombre de ma belle. Des gens défilaient autour de moi, mais je n'y faisais plus attention. Je m'en moquais, peut-être que Faustine viendrait à mon chevet, oui sûrement, je sens son odeur, certes infime, mais c'est bien son odeur qui traîne dans l'air. Mélange de fleurs coupé et de quelque chose d'autre d'indéchiffrable. C'est un médecin qui me sortit de ma rêverie, accompagné d'un psychologue qui me posa de multiples questions. Je n'avais aucun mal à parler de moi, et c'est sans problème que je lui racontai ma vie monotone dans ce bas monde. Il écoutait sans rien dire, hochant la tête de temps en temps pour me faire signe de continuer. Et vint enfin le moment de parler de ma Faustine. Prononcer son nom m'emplissait d'allégresse. Ma bien-aimée, celle qui m'avait fait découvrir des plaisirs enfouis au plus profond de moi-même. Une fois les deux hommes partis et la nuit tombée, j'étais prêt à me rendormir pour me laisser aller dans les bras de ma Faustine, c'est alors que je la vis. Non pas dans mon rêve mais dans ma chambre... Je savais que tu viendrais, murmurai-je en levant péniblement la tête. Mais au lieu de s'approcher de moi, elle s'échappa à nouveau. Je ne voulais plus la perdre, j'étais prêt à me donner corps et âme pour elle. Alors, faisant fi de la douleur, j'enlevai les divers branchements qui parcouraient mon corps et je partis à sa poursuite. Je ne courus pas, je savais qu'elle m'attendait. Je traversai les couloirs, grimpai les escaliers en restant dans son ombre. À chaque pas je frissonnai de plaisir, Faustine, ma Faustine, enfin nous allons nous trouver... C'est sur le toit du CHU qu'elle arrêta sa marche ; moi aussi je marquai l'arrêt, tendant juste la main pour effleurer ses cheveux noirs flottant au gré du vent. Étrange créature qui avait volé mon âme et en échange m'offrait un plaisir inhumain. Femme qui ne m'avait toujours pas montré son visage et qui tardait à m'offrir l'extase à l'état pur. Mais j'étais prêt. Elle dû le sentir car elle se remit en mouvement. Doucement elle avança de trois pas, puis avec la grâce d'une danseuse elle monta sur le rebord qui surplombait la ville. Sans réfléchir, je fis de même. Nous étions à présent côte à côte. Prêt à vivre une expérience qui ferait de moi un autre homme, rien que d'y penser mon corps s'embrasa. Il ne s'était encore rien passé mais déjà je haletai de plaisir. Des soubresauts me rendaient fou, mon envie était dévorante. Je tournai légèrement mon visage vers Faustine, belle Faustine, bien plus merveilleuse que la nuit. Lentement elle leva la main et la tendit vers moi. Tremblant, j'acceptai et à mon tour lui offris la mienne. Mais au contact de nos deux peaux, mon corps se glaça. Sa main blanchâtre était aussi froide que la pierre. Apeuré, j'essayai d'enlever mes doigts, mais son emprise était telle que je ne pus le faire. C'est alors que pour la première fois elle tourna son visage vers le mien. Mais là où j'imaginais chaque soir de fines lèvres roses et des yeux plus beaux que l'océan, il n'y avait rien... Sans y prendre garde, elle sauta en voulant m'emmener avec elle, mais je réussis à me défaire de sa main avant de vaciller dans le vide. Par chance je m'écroulai du bon côté du mur. Haletant de plus belle, mais plus de la même manière. Ma Faustine, ma sublime Faustine, l'objet de tous mes désirs, n'était autre que... la mort. J'ai peur, peur de moi... |
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